240 FEMMES ET JEUNES, 30 AGR : ANDISOMA CHOISIT L’AUTONOMIE, LA RÉSILIENCE ET LA PAIX

À nyankunde, 30 activités génératrices de revenus ouvrent 240 nouvelles opportunités pour les femmes et les jeunes vulnérables. À nyankunde, dans la chefferie d’andisoma, l’autonomie économique devient un véritable levier de résilience et de cohésion sociale.

Dans le cadre du projet RESET (renforcement de la résilience communautaire et de la redevabilité institutionnelle, transformation des dynamiques locales de conflits, promotion du dialogue, de la médiation et de la gouvernance inclusive), financé par le FCDO à travers Mercy Corps Europe, l’ONG UFCS, en collaboration avec mercy corps, a procédé à la remise de matériels et d’équipements destinés à 30 activités génératrices de revenus au bénéfice de 240 femmes vulnérables et jeunes à risque des villages de tulabo et koy baguma, dans la chefferie d’andisoma.

Cette dotation représente bien plus qu’un appui matériel. Elle constitue un investissement dans la dignité, l’autonomie économique et la capacité des communautés à construire leur propre avenir.

En présence des autorités locales, des représentants de la société civile et des communautés bénéficiaires, la cérémonie s’est déroulée dans un climat de dialogue, de respect et de cohésion, avec l’application des mesures de prévention sanitaire.

Grâce aux équipements reçus, les bénéficiaires disposent désormais de moyens supplémentaires pour développer leurs activités, accroître leurs revenus, améliorer leurs conditions de vie et réduire leur dépendance face aux chocs économiques et sociaux.

La prochaine étape portera sur un coaching de proximité, l’accompagnement à la gestion des AGR, le développement de la clientèle, l’amélioration des pratiques commerciales ainsi que la mise en place et le renforcement des associations villageoises d’épargne et de crédit ‘’AVEC’’.

Ces mécanismes permettront aux femmes et aux jeunes de renforcer leur capacité d’épargne, d’accéder progressivement au crédit, d’investir dans leurs activités et de consolider la durabilité des entreprises communautaires.

À tulabo et koy baguma, les AGR représentent également un espace de rapprochement entre les communautés.

Les femmes et les jeunes de différents groupes sont appelés à travailler ensemble, à partager des opportunités économiques et à participer aux mécanismes locaux de décision. Cette dynamique contribue à restaurer la confiance, renforcer la solidarité et favoriser une cohabitation pacifique.

Dans un contexte marqué par les déplacements forcés, l’insécurité et la fragilité des moyens d’existence, une activité économique viable peut devenir un outil de prévention des tensions et de consolidation de la paix.

Le projet applique ainsi une approche sensible aux conflits et fondée sur le principe du ‘’do no harm’’, tout en intégrant l’inclusion, la protection, l’égalité de genre, la prévention de l’exploitation et des abus sexuels et la redevabilité envers les populations affectées.

Les femmes et les jeunes sont associés à la gouvernance des actifs, à la gestion des AGR, aux mécanismes ‘’AVEC’’ et aux chaînes de valeur locales. Des mécanismes accessibles, sûrs et confidentiels de plaintes, feedback et référencement sont également prévus afin de renforcer la participation et la protection des bénéficiaires.

L’expérience d’andisoma démontre qu’un investissement relativement ciblé peut produire des effets multiples : revenus, autonomie, inclusion, cohésion sociale et résilience. Mais elle met également en évidence l’ampleur des besoins qui persistent dans le territoire d’irumu et plus largement dans la province de l’ituri.

L’ituri demeure confrontée à une vulnérabilité multidimensionnelle résultant de la combinaison des conflits armés, des déplacements forcés, de l’insécurité, de la dégradation des infrastructures, de la faiblesse des marchés et de l’accès limité aux services sociaux essentiels.

Selon les données de planification 2026 du PAM/rdc, la province compte 31 zones de santé prioritaires, dont 9 classées au niveau de sévérité intersectorielle 5 et 22 au niveau 4, illustrant l’ampleur des besoins humanitaires. ¹

Ces crises récurrentes réduisent les capacités productives des ménages, perturbent les systèmes alimentaires et aggravent simultanément les risques d’insécurité alimentaire, de malnutrition, de protection et d’inégalités entre les femmes et les hommes.

L’économie locale repose principalement sur l’agriculture, l’élevage, la transformation et le petit commerce. Pourtant, les besoins restent considérables.

Plus de 380 700 personnes ont besoin d’un appui urgent à la production agricole sans recevoir d’assistance, tandis qu’environ 483 700 personnes nécessitent un soutien à la relance de leurs moyens d’existence. ²

Les femmes jouent un rôle central dans les systèmes alimentaires ruraux. Cependant, leur accès aux terres, aux intrants, aux revenus, au crédit et aux mécanismes de décision reste inférieur à celui des hommes.

Dans ce contexte, les investissements dans les AGR, les AVEC/MUSO, l’agriculture, le petit élevage, la transformation agroalimentaire et le petit commerce constituent des leviers essentiels pour renforcer l’autonomie économique des ménages et réduire leur vulnérabilité.

Le manioc demeure une culture essentielle, tandis que le maïs, le haricot, l’arachide et le soja offrent d’importantes possibilités de diversification, de transformation et de commercialisation.

La résilience économique doit aller de pair avec la sécurité alimentaire et la nutrition. Les vulnérabilités économiques et alimentaires sont étroitement liées. La faible diversité alimentaire, les maladies, les pratiques inadéquates d’alimentation et de soins, les déficits en eau, assainissement et hygiène ainsi que l’accès limité aux services de santé continuent d’exposer les ménages, particulièrement les enfants et les femmes, à des risques nutritionnels importants.

Les déficits de couverture restent particulièrement préoccupants. En 2026, 30 des 31 zones de santé de l’ituri présentaient un déficit total de partenaires pour les interventions destinées aux femmes enceintes et allaitantes, soit un gap d’assistance estimé à 96,8 %.²

Face à cette situation, les réponses doivent être intégrées : renforcer les moyens d’existence tout en améliorant l’accès à la nutrition, à la santé, au wash et aux services de protection.

La protection des femmes et des jeunes doit rester au cœur des interventions. Les risques de protection constituent un déterminant majeur de l’accès aux services et aux moyens d’existence.

En 2024, l’ituri enregistrait le plus grand nombre de cas déclarés de violences basées sur le genre en rdc. Les groupes armés représentaient 55 % des présumés auteurs, les forces de sécurité 26 % et les civils 20 %.³ Les champs, les points d’eau, les lieux de collecte du bois et les chemins scolaires peuvent notamment devenir des espaces d’exposition aux risques.

C’est pourquoi les programmes de résilience économique doivent intégrer systématiquement la protection, le genre, la prévention des VBG, la PSEA, la redevabilité et des mécanismes sûrs de plainte et de référencement.

L’expérience de tulabo et koy baguma envoie un message clair : les communautés ne demandent pas seulement de l’assistance ; elles veulent des opportunités pour reconstruire leur avenir. Les 30 AGR soutenues représentent 240 opportunités, mais aussi 240 parcours vers davantage d’autonomie, de dignité et de résilience.

À l’échelle du territoire d’irumu, les besoins dépassent largement les capacités actuelles de réponse. Il est donc essentiel de renforcer les investissements dans les moyens d’existence, l’agriculture, la nutrition, le wash, la protection, l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes, ainsi que les mécanismes communautaires d’épargne et de crédit.

L’ONG UFCS appelle les partenaires techniques et financiers, les autorités, les acteurs humanitaires et de développement à poursuivre et accroître les investissements dans les communautés d’irumu.

Car lorsque les femmes disposent de moyens de production, lorsque les jeunes trouvent des perspectives économiques et lorsque les communautés travaillent ensemble, la résilience progresse, les tensions reculent et la paix devient une possibilité concrète.

DEUX VILLAGES. UNE MEME AMBITION. 30 AGR. 240 OPPORTUNITES. UN AVENIR A CONSTRUIRE ENSEMBLE.

Sources

¹ PAM/RDC, Analyse de la sécurité alimentaire, des besoins et de la vulnérabilité des ménages en République démocratique du Congo – données de planification 2026.

² FAO/RDC, Analyse des besoins agricoles et des moyens d’existence des populations vulnérables en République démocratique du Congo, données 2025–2026 ; Cluster Nutrition RDC, Analyse des gaps de couverture nutritionnelle / 4W Nutrition – Ituri, 2026.

³ UNFPA/GBVIMS, Données et tendances sur les violences basées sur le genre en République démocratique du Congo – Ituri, 2024.

Les données sanitaires et épidémiologiques mentionnées dans les documents de référence doivent être régulièrement actualisées selon les derniers rapports officiels disponibles.