DOUBLE CRISE EN ITURI : PROTÉGEONS NOS ENFANTS FACE À EBOLA ET AUX CONFLITS !

Face à l’ampleur préoccupante de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus ebola en RDC, la mobilisation communautaire, la prévention et une réponse humanitaire intégrée sont plus que jamais indispensables. En ituri, où l’épidémie se conjugue aux conséquences des conflits armés et des déplacements forcés, les enfants comptent parmi les populations les plus exposées et les plus vulnérables.

Les 16 et 17 juin 2026, l’ONG UFCS a organisé des séances de sensibilisation auprès des personnes déplacées vivant sur les sites de l’ISP et de Kigonze, à Bunia.

Cette intervention visait notamment à (i) Informer les communautés sur l’évolution de l’épidémie, les modes de transmission et les mesures de prévention ; (ii) Alerter sur les risques accrus auxquels sont exposées les populations déplacées vivant dans des conditions de forte vulnérabilité et de promiscuité ; (iii) Renforcer les comportements préventifs et l’engagement communautaire face à ebola ; (iv) Placer la protection, la santé mentale et le bien-être des enfants au cœur de la réponse humanitaire et sanitaire.

Cette proximité avec les communautés permet également de renforcer la confiance, de lutter contre les rumeurs et la stigmatisation et de favoriser le recours précoce aux services disponibles.

Selon le rapport de situation N°089/MVE-BDB/11/08/2026, publié le 12 août 2026, la situation au 11 août 2026 demeure particulièrement préoccupante. (i) 4 566 cas confirmés ont été enregistrés au niveau national ; (ii) 2 128 décès ont été rapportés, soit une létalité cumulée de 46,6 % ; (iii) 118 nouveaux cas confirmés et 67 décès ont été notifiés au cours de la seule journée du 11 août ; (iv) L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, avec 3 912 cas confirmés et 1 702 décès, représentant 85,7 % des cas confirmés cumulés au niveau national ; (iv) 28 zones de santé sur 36 en ituri sont touchées, soit 77,8 % de la province.

Cette évolution exerce une pression considérable sur les structures sanitaires et les capacités de prise en charge, notamment dans les zones fortement affectées.

En ituri, ebola ne survient pas dans un contexte ordinaire. L’épidémie évolue dans une province déjà fragilisée par les conflits armés, les déplacements forcés, la pauvreté et la perturbation des services essentiels.

Pour de nombreux enfants, cette situation représente une véritable double vulnérabilité : aux traumatismes liés aux conflits s’ajoute la peur d’une maladie potentiellement mortelle.

Les risques sont multiples : (i) la séparation ou perte des membres de la famille ; (ii) le deuil et détresse psychologique ; (iii) la stigmatisation des enfants affectés ou issus de familles touchées par ebola ; (iv) l’interruption de la scolarité et des activités récréatives ; (v) l’accès réduit aux soins, à la nutrition et aux services de protection ; (vi) l’exposition accrue aux violences, à l’exploitation et aux abus ; (viii) l’aggravation des besoins en santé mentale et soutien psychosocial.

Dans ce contexte, protéger un enfant ne signifie donc pas seulement le mettre à l’abri du virus. Il faut également préserver son environnement familial, sa dignité, sa santé mentale, son accès aux services essentiels et son droit à la protection.

Face à cette situation, l’ONG UFCS appelle les autorités, les acteurs humanitaires, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations communautaires à renforcer une réponse coordonnée et centrée sur les personnes les plus vulnérables.

Nous appelons notamment à (i) l’intégration systématique de la santé mentale et le soutien psychosocial dans les interventions de préparation, de prévention et de riposte à ebola, en accordant une attention particulière aux enfants, aux familles endeuillées, aux survivants et aux intervenants de première ligne. (ii) le renforcement de la protection de l’enfant dans les sites de personnes déplacées et les communautés affectées, notamment à travers l’identification, le référencement et la prise en charge des enfants exposés aux risques de séparation, de violence, d’exploitation ou de stigmatisation. (iii) l’intensification de l’engagement communautaire afin de combattre les rumeurs, la désinformation et la stigmatisation et de favoriser l’adoption durable des mesures de prévention. (iv) le renforcement des capacités des acteurs locaux, qui sont au plus près des communautés et jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation, l’alerte précoce, l’orientation et l’accompagnement psychosocial. (v) la garantir d’un financement humanitaire flexible et équitable, permettant aux organisations locales de contribuer efficacement à la réponse sanitaire, à la protection et à l’accompagnement des populations affectées.

La lutte contre ebola ne peut être réduite à une réponse médicale. Elle doit être communautaire, psychosociale, humanitaire et protectrice.

Chaque enfant affecté par une épidémie ou un conflit a droit à la sécurité, aux soins, à la dignité, à la protection et à un environnement capable de favoriser sa résilience.

Ensemble, renforçons la prévention, brisons les chaînes de transmission, combattons la stigmatisation et construisons un environnement protecteur pour chaque enfant touché par les épidémies et les conflits en ituri.

 

L’ONG UFCS EST LA POUR UNE COMMUNAUTE MOBILISEE, DES ENFANTS PROTEGES ET UNE REPONSE HUMANITAIRE PLUS INCLUSIVE.